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LE VÉGANISME : UNE NOUVELLE UTOPIE ? / MICHAEL

PointCulture vous emmène à la rencontre des véganes. L’occasion de découvrir un mouvement social qui prend de l’ampleur.

Le dimanche 8 mai, dernier jour du week-end de l’Ascension, la ville de Charleroi se verra proposer son premier salon végane, sur les traces – bien que plus modestement – des Veggie world à Paris et en Allemagne, mais aussi, en Belgique, du Vegan Summer Festde Gand. Gratuit, ouvert à tous, 100% veggie réunira un bon nombre de personnes engagées dans un changement de société radical et disposées à expliquer concrètement leur démarche. En effet, à l’heure où s’impose avec insistance un nœud bien serré de questions croisées (réchauffement climatique, épuisement des ressources, solidarité entre les peuples, santé publique et, bien entendu, condition animale), on en vient doucement à se dire qu’il n’est peut-être pas si utopique que cela de se positionner pour un monde plus juste, moins violent ou, tout au moins, plus respirable. En écho à ces valeurs et comme en avant-goût de sa saison prochaine qui remontera jusqu’aux racines du couple nature / culture, mais encore, en lien direct avec le focus actuel sur les utopies, PointCulture se propose, par une série d’entretiens, de vous faire découvrir quelques-unes de ces personnes qui ont d’ores et déjà adopté un mode de vie différent, le véganisme. Ayant pris le parti, autant que faire se peut, de boycotter les produits d’origine animale, ces personnes mettent tout en œuvre, que ce soit par l’activisme, la pédagogie ou la fabrication et la vente de produits alternatifs, pour accompagner leur refus par un geste constructif orienté vers un modèle de société plus sain et plus éthique.


12310522_1662646717324177_889339442129874314_nRencontre avec Michael. Venu au véganisme par souci pour l’environnement, Michael travaille aujourd’hui chez Greepeace Belgium. Membre des Carolovégiens, groupe de militants citoyens pour l’abolition de l’exploitation animale (l’être humain y compris), son action se prolonge au sein de l’association Bite back.

 

 

Pourquoi et comment en êtes-vous venu à l’activisme ?

Quand j’ai pris conscience des diverses problématiques (éthiques, environnementales, sanitaires) découlant de la consommation de produits animaux, j’ai pensé qu’il était important de partager ça avec un maximum de personnes. Des gens informés, on peut s’attendre à ce qu’ils fassent le choix de ne plus participer à cette incohérence actuelle.

Peut-il y avoir des points de tension entre votre travail pour Greenpeace et les valeurs que vous défendez au sein de ces associations ?

Il y en a moins depuis que Greenpeace s’est enfin mis à parler des enjeux de la viande. Mais par rapport à ma position abolitionniste, il est sûr que Greenpeace n’ira jamais assez loin.

Récemment, les enregistrements de violences commises dans les abattoirs diffusées par l’association L214 ont suscité beaucoup d’indignation et d’interrogations dans la presse et sur les réseaux sociaux. Quel regard portez-vous sur ce brusque emballement des medias – et peut-être des consciences ?

C’est clairement la plus grande avancée dans le cadre du militantisme que nous connaissons pour le moment. Il n’y a pas meilleure façon d’atteindre autant de personnes et ainsi de tenter d’éveiller leur conscience.

Ces réactions diffèrent-elles de celles que vous rencontrez, vous, dans la rue ou plus généralement, sur le terrain des actions de Bite back ?  

Lors de nos actions de sensibilisation, les gens réagissent certainement de la même manière. Mais l’impact ne peut être comparable. Un tract  n’est pas toujours lu, les médias comme la télévision touchent plus directement les gens.

À partir du moment où l’hypothèse de la viande heureuse perd de sa crédibilité, le végétarisme est mis en avant comme pouvant être une réponse modérée, saine et accessible à tous. Vous allez plus loin et vous prônez le véganisme, solution jugée par la plupart comme trop extrême, au mieux utopiste, au pire excluante, pour ne pas dire nocive… Cette radicalité ne risque-t-elle pas de desservir la cause que vous voulez défendre ?  

Vous utilisez un mot très intéressant : RADICAL.

Étymologiquement radical vient  Du latin radicalis, dérivé de radix (« racine »). : Qui vise à agir sur la cause profonde des effets qu’on veut modifier. Amélioration radicale – Réforme radicale – Mesure radicale.

Pour moi, c’est la meilleure façon d’agir. Il faut être clair : le véganisme est la SEULE solution pour lutter contre les problèmes éthiques – environnementaux et sanitaires. Aucune demi-mesure ne résoudra ces problèmes. Bien sûr, nous n’excluons le végétarisme si on le considère comme une étape.

Au quotidien, le mode de vie végane souffre d’être une exception. Société largement omnivore, peu ou pas de restaurants, de pâtisseries, nécessité de lire les étiquettes, d’apprendre quelques règles de nutrition, spectre de la fameuse vitamine B12… Franchement, est-ce que c’est aussi difficile que ça en a l’air ou bien s’agit-il encore de l’image qu’on en donne ? 

C’est clairement une image que l’on donne. Le régime végétalien n’est pas du tout difficile à bien mener. En fait, il faut voir les choses autrement. Une majorité de la population (omnivore) se nourrit mal (obésité, cholestérol, diabète, maladies cardio-vasculaires…), ce qui prouve qu’un réel problème d’éducation alimentaire existe. Qu’est-ce qu’une alimentation saine ? Au fond on n’en sait pas grand-chose. Le plus important est donc de bien s’informer. Après, se nourrir correctement n’est pas un problème, à condition de démonter certaines croyances telles que : il n’y a des protéines que dans la viande… Non, il y a suffisamment de protéines dans les végétaux.

Les causes à défendre ne manquent pas. Dans un tableau d’actualités toujours bien sombre on reproche aux associations animalistes de faire passer l’animal avant l’humain. Comment répondez-vous à cette mise en concurrence des sujets, pensez-vous que le reproche soit légitime ? En effet, on sait aujourd’hui que l’essentiel de nos activités et de ce que nous consommons se base de près ou de loin sur une forme d’exploitation, pas seulement animale d’ailleurs. Alors, le fait de sauver des vies animales passe-t-il nécessairement par  des renoncements, le rejet du progrès et la mise au chômage de nombreuses filières déjà douloureusement atteintes par la crise ?

Le business de l’huile de palme crée des milliers d’emploi en Indonésie, est-ce pour cela qu’il faut encourager la déforestation et ne pas boycotter l’huile de palme ? Je ne pense pas. Autre exemple : l’esclavagisme profitait d’une main-d’œuvre gratuite et ne visait qu’à l’enrichissement des propriétaires. Fallait-il le défendre pour leur éviter des pertes financières ? Le prix de l’élevage est extrêmement élevé en termes d’occupation des terres et accaparement des ressources agricoles, sachant qu’en moyenne il faut dix calories végétales pour faire une calorie animale. A cet égard, le véganisme se présente comme une solution en contribuant à réduire les inégalités, à combattre les famines. N’est-ce pas le plus important ?

Le 8 mai, Bite back va s’installer au salon 100% veggie à Charleroi. Ne craignez-vous pas que dans ce genre d’événements, le côté marchand ne prenne le pas sur les idées ?

Le côté marchand est une manière de plus de sensibiliser et si certaines consciences peuvent s’ouvrir et se questionner sur le véganisme et ses avantages grâce à cette événement, cela sera une réussite pour l’avenir des animaux, notre planète et la santé de chacun.

Propos recueillis par Catherine De Poortere

Source: http://pointculture.be/

 

 

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